Recherche appliquée en sémantique générale

J’ignore ce que vous avez pu lire sur la sémantique générale avant d’arriver sur ce site, mais en ce qui me concerne, elle représente pour moi un outil pour résoudre les problèmes humains, en leur appliquant la démarche scientifique utilisée dans les domaines scientifiques et techniques. Ne vous laissez pas impressionner par le terme: je sais qu’à première vue, il donne envie de partir en courant, mais si vous y regardez de plus près, vous verrez que ça vaut le coup de s’y arrêter.

Je suis tombée dedans à 22 ans, d’abord à travers la lecture des livres de Van Vogt: dans un premier temps, je pensais  qu’il s’agissait d’une fiction inventée pour la circonstance par l’auteur dans le cadre de ses romans. La découverte du livre d’Hélène Bulla de Villaret, Introduction à la sémantique générale de Korzybski , me démontra qu’il n’en était rien.

Ma première réaction en ouvrant ce livre a été « Jamais je ne pourrai comprendre ce truc -là! » Et puis comme d’autres auteurs dignes de mon intérêt semblaient en avoir tiré de bons résultats (William Burroughs, Henri Laborit), je m’y suis mise sérieusement. J’avais pour tout bagage mon bac A2 mention AB et je commençais mes études d’infirmière psy.

La démarche scientifique à portée de tous

« L’essentiel de l’œuvre de Korzybski consiste justement à essayer de tirer sur le plan général les conséquences de la science, à tenter de ramener sur terre et même dans la rue cette science moderne qui s’échappe vers des régions mystérieuses, à essayer de mettre la démarche scientifique à la portée de tout  un chacun. Il ne s’intéresse guère aux bouleversements que la science entraîne dans nos conceptions philosophiques de l’univers. Il braque son attention sur l’homme dans sa vie quotidienne, et entend mettre à sa disposition des moyens de vivre avec son temps sans trop de frustrations. » écrivait en 1963 Fereydoun Hoveyda dans le N° 51 de la revue « Clarté », dans un article consacré à la sémantique générale (p. 34, 35, 36). Fereydoun Hoveyda, écrivain et ambassadeur de nationalité iranienne, était membre de l’Institute of General Semantics.

Qu’est-ce que la démarche scientifique?

C’est une méthode d’investigation utilisée dans le domaine des sciences, et également dans les enquêtes de police et de gendarmerie. Elle consiste, face à un problème donné, à mettre de côté ce que nous en avons entendu dire précédemment pour partir du principe que nous ne savons pas ce qu’il en est et à progresser à partir de l’examen des faits, de ce que nous pouvons en observer nous-mêmes. Korzybski l’a résumée de la façon suivante :

« Qu’est-ce qui se passe là ? Je n’en sais rien, allons voir. »

  • « Dans ses observations le savant se penche notamment sur des comportements dont il va s’attacher à déceler la structure.
  • Il se demandera ensuite quelles doivent être à leur tour les structures des éléments en présence pour permettre une telle structure de leurs comportements.
  •  Il fera ensuite des inférences qui lui permettront alors de bâtir des hypothèses.
  • Sur la base de ces hypothèses, il dégagera des prévisions relatives aux comportements.
  • Il lui faudra alors retourner à l’observation de ces derniers pour examiner si ces prévisions se réalisent et si, par conséquent, son hypothèse est conforme à la structure des faits. » (Introduction à la sémantique générale de Korzybski , H. Bulla de Villaret .)

Voir les schémas du différentiel structurel et de la démarche scientifique

Quelques propositions

A suivre…

Quelques réalisations

Psychiatrie – Gestion de réseau – Économie – Stratégie

Application en psychiatrie: la « petite école » ou « groupe B23 (1984-1987)

 

Intégrale des numéros d’Objectifs 

Le projet avait été mis au point à la demande de l’administration, sous le ministère de Jack Ralite qui souhaitait que les projets en psychiatrie soient impulsés par les acteurs de terrain. J’ai utilisé la sémantique générale pour le rédiger, ainsi que les autres bases de données complémentaires dont je disposais alors provenant des auteurs qui l’avaient expérimenté avec succès dans leurs propres domaines d’activité.

Le but de ce projet n’était pas de guérir qui que ce soit, ni même de « soigner » au sens psychiatrique habituel du terme les gens auxquels il était destiné : il n‘était pas question de « traitement », mais de leur proposer une structure similaire à celle de l’organisme humain en général, susceptible a priori de convenir à la plupart des gens. C’était la théorie provenant de Korzybski et d’Henri Laborit.

Avant d’être proposé à l’administration, il l’a été aux patients, qui ont participé à son élaboration et à son application in vivo. C’était donc une expérimentation, dont ni moi ni personne ne savait par avance ce qu’elle allait donner. Mais  comme il fallait à tout prix présenter un projet dans les temps, qu’à part celui-là, personne n’avait rien d’autre en magasin, et que quand même il était cohérent et bien construit, il a été adopté.

C’est dans ce contexte que j’ai commencé à enseigner la sémantique générale, à des patients dont quelques-uns savaient à peine lire et écrire: je leur ai proposé un cours pour essayer, et comme ils étaient intéressés et intrigués, ils m’ont demandé de continuer. Nous avons traité tout le programme en une dizaine d’heures, à raison d’une heure par semaine. J’ai utilisé comme base de cours la première partie du livre d’Hélène Bulla de Villaret, et j’étais en relation avec Charlotte Read, l’assistante de Korzybski, avec laquelle je correspondais et que j’informais de mon travail.

Le résumé de cours est en ligne depuis des années. J’ai également utilisé le livre de Catherine MINTEER, Words and What They Do To You , un manuel d’enseignement de la sémantique générale pour les classes de primaire et de secondaire, en ligne dans le site de l’INSTITUTE OF GENERAL SEMANTICS.

Le résultat a dépassé de très loin mes attentes: non seulement les patients comprenaient de quoi il s’agissait, mais ils semblaient l’appliquer spontanément. Ce faisant, ils se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas si limités mentalement qu’ils le pensaient à partir de ce qu’on leur disait d’eux-mêmes, et ont repris confiance en eux.

Le fait est que cette discipline traite des faits, de choses simples, concrètes. Elle était accessible aux intéressés parce qu’ils pouvaient l’appliquer aux problèmes auxquels ils étaient confrontés dans leur vie de tous les jours : préparer un repas pas cher, s’exprimer correctement, chercher un logement, du travail, etc . Pour un résumé de son utilisation pratique, voir le chapitre XIII du résumé de l’Introduction à la sémantique générale de Korzybski: A. Comparaison entre des observations et des élaborations faites par un sémanticien et un non-sémanticien et B. Examen du comportement d’un sémanticien et d’un non-sémanticien.

Nous avons avancé petit à petit, à partir des demandes des patients du groupe concernant la façon dont l’équipe de soignants pouvait répondre à leurs besoins. Les résultats n’étaient pas prévisibles ni programmables à l’avance. Ils dépendaient des gens qui y ont participé et qui ont eu la chance de vivre à une époque où l’administration était impliquée dans les résultats thérapeutiques réels, obtenus sans crédit ni moyen supplémentaire à ceux qui existaient alors, et en collaboration avec les soignants à qui elle donnait les moyens de travailler.

Objectifs #1 : Quelques éclaircissements sur la sémantique générale  Août 1984

Objectifs #2 : cours de sémantique générale: Janvier 85

Intégrale du magazine Objectifs

Monsieur B: les pronoms – Enquête sur «des voix dans la tête»

Interview de Simone

Interview de Michel Foucault par Nicole Brice, 31 Mai 1961, radio diffusé sur France Culture

Application à la gestion de réseau

 Interzone (1997 – 2013)

Réseau de lecteurs de William Burroughs

WSB Compendium Bookshop, London, 1982 – Photo Jean-Louis Baudron

Application en économie

 Une économie non-aristotélicienne

Interzone Editions

 

Application en stratégie

Isabelle AUBERT-BAUDRON, Des Systèmes de Contrôle: Techniques de Contrôle et Stratégies de Non-Contrôle Tome 1 – ISBN :978-2-9531513-7-4